Blue transition, un projet européen pour étudier l'utilisation de l'eau et des sols et minimiser les effets du changement climatique
Le projet Blue transition vise à impulser une gestion intégrée de l’eau et des sols dans un contexte de changement climatique. Il s’agit d’acquérir des connaissances et de co-développer des solutions transnationales en équilibrant des activités souvent déconnectées entre les zones urbaines, agricoles et naturelles. L’aménagement du territoire devient alors un outil d’adaptation au changement climatique. Blue transition s'appuie sur un consortium de 23 partenaires de 6 pays européens, autour de 16 sites pilotes dont l’un en Bretagne, à Guidel (Morbihan).
Interreg est un programme européen visant à promouvoir la coopération entre les régions européennes et le développement de solutions communes dans les domaines du développement urbain, rural et côtier, du développement économique et de la gestion de l’environnement.
- Interreg Blue transition - Balancing water and land use to minimize the effects of climate change
Le projet Blue Solution comprend 16 projets pilotes au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède, en Belgique, en France et en Allemagne qui visent à développer des solutions transnationales pour les agences de l'eau, les agriculteurs, les autorités et la société dans le cadre de quatre projets transversaux :
• permettre le changement d'affectation des sols dans les forêts, les terres agricoles, les zones humides, les tourbières ou les zones naturelles protégées, à court et à long terme, afin de sécuriser les ressources en eau souterraine
• améliorer les ressources en eaux souterraines
• intégrer, relier et équilibrer les activités dans les zones agricoles, naturelles et urbaines
• garantir la disponibilité future d'une eau de bonne qualité tout en contribuant à la revitalisation des habitats naturels et à la réduction des émissions de CO2
Pour la France, l'Interreg Blue Solution implique Laurent Longuevergne, chercheur du CNRS à Géosciences Rennes (CNRS/Université de Rennes), au sein de l’OSERen (CNRS/université de Rennes/Université de Rennes 2), Camille Bouchez, chercheuse de l’université de Rennes à l’OSERen (CNRS/Université de Rennes/Université de Rennes2), Marine Alalinarde (Université de Rennes), Olivier Priolet et Gwenvaël Le Guisquet (Lorient Agglomération).
- Le site pilote de Guidel
Le projet pilote français s'intitule le "Compromis de Guidel", entre les besoins en eau pour l'approvisionnement de la ville et la protection de l'écosystème à Guidel (Bretagne), dans le cadre de la mise en œuvre d'une nouvelle station en eau potable.
Ce projet pilote vise à améliorer la gestion de l'eau dans le contexte d'une forte croissance démographique, du tourisme et de la diminution des précipitations estivales. Alors que le processus formel de résolution des conflits entre utilisateurs est en suspens depuis plus d'une décennie, ce projet pilote s'appuie sur une modélisation hydrogéologique en combinaison avec des ateliers avec les gestionnaires de l’eau, des citoyens et des représentants politiques afin d'identifier et de communiquer différents scénarios d'impact dans la perspective de la construction d'une nouvelle station de pompage. A noter que la station est située à 2 km de la mer et la zone d'impact prévue englobe des zones naturelles protégées.
Un plan commun de gestion de l'eau et des écosystèmes est discuté entre les gestionnaires, les citoyens et les représentants politiques sur la base des scénarios qu'ils fourniront et des résultats de simulation d'un modèle hydrologique couplé, en surface et en profondeur.
- Un projet basé sur les sciences participatives
La méthodologie mise en œuvre est la suivante :
• Construire une connaissance partagée (inclusive) à partir du terrain : en proposant des observations de nitrates à partir de smartphones pour comprendre les chemins d'écoulement de l'eau et mettre en évidence le rôle de la subsurface "invisible" sur le comportement en surface. Des ateliers sont organisés incluant des jeunes, des services de l'État, des associations environnementales, des agriculteurs, des décideurs politiques
• Discuter des scénarios d'avenir : à partir d'un même groupe incluant des élus, des ateliers de discussion sont mis en place pour déterminer une évolution souhaitable de l'écosystème et des villes
• Confronter les futurs souhaitables et probables : il s'agit d'inclure les besoins en eau des écosystèmes et des hommes dans le modèle hydrologique pour confronter les futurs souhaitables et probables. L'objectif final est de faire émerger une culture locale de la résilience.