La surface d'habitat accessible, un facteur clé de succès des populations animales
Bien que la perte d’habitat soit l’une des principales causes du déclin de la biodiversité, le rôle joué par la fragmentation des milieux naturels reste débattu. Une étude, publiée dans la revue Ecography montre que la surface d’habitat réellement accessible prédit la taille et la survie des populations. Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles approches pour guider l’aménagement des territoires et la conservation de la biodiversité.
Bien que la perte d'habitat soit considérée comme la principale cause du déclin de la biodiversité, la fragmentation de ces espaces, c'est-à-dire le morcellement d’une grande surface continue en plusieurs morceaux de plus petite taille, fait débat depuis plusieurs décennies. La disposition des zones d’habitat, la nature des espaces qui les séparent, par exemple des milieux urbains ou agricoles, ainsi que leur perméabilité aux espèces sauvages, c'est-à-dire la facilité qu’elles ont à les traverser, sont d'autres facteurs qui restent aujourd’hui peu pris en compte. Mieux comprendre leurs effets apporterait des éléments concrets aux aménageurs et gestionnaires des territoires.
Une équipe de chercheurs de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE – CNRS / Aix-Marseille Université / Avignon Université / IRD) et du laboratoire Ecobio (CNRS/Université de Rennes) a mené une expérience de mini-paysages en laboratoire afin d’étudier les effets conjoints de l’éloignement des habitats et de la perméabilité du paysage sur des populations de microarthropodes. Chaque mini-paysage (50 x 50 cm) contenait quatre zones d’habitat plus ou moins espacées. L’espace entre ces habitats était rempli de quatre matériaux dans lesquels les individus pouvaient plus ou moins facilement se déplacer et survivre.