Deux chercheurs rennais lauréats d’une prestigieuse bourse européenne
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Le Conseil européen de la recherche (ERC) a annoncé jeudi 5 septembre 2024 les résultats de l'appel « ERC Starting Grant 2024 » qui financera cette année 494 chercheuses et chercheurs confirmés et reconnus dans leur domaine, tant au niveau national qu’international, pour un montant total de 780 millions d'euros tirés du programme cadre Horizon Europe. Le CNRS est l’institution hôte pour 25 bourses, dont deux pour des scientifiques rennais.
Découvrez les portraits des lauréats rennais 2024 :
Denys Nikolayev : une électronique sans fil adaptée au vivant
Denys Nikolayev est chargé de recherche au CNRS et dirige l’axe de recherche en bioélectronique sans fil à l'IETR
Son projet BESSEL, financé par le Conseil européen de la recherche, vise à développer une nouvelle génération de dispositifs médicaux sans fil, capables de surveiller la santé et de fournir des traitements à l'intérieur du corps humain, sans nécessiter de batterie. Ces dispositifs pourraient notamment être utilisés pour détecter précocement des anomalies de santé, enregistrer et stimuler de manière précise les systèmes nerveux, ou encore réaliser des interventions chirurgicales à l'aide de micro-robots. L'un des principaux défis est de réussir à alimenter et contrôler ces dispositifs à distance, malgré les contraintes liées au corps humain, un milieu complexe et dynamique. Ces technologies permettront d'alimenter et de contrôler avec précision des dispositifs bioélectroniques miniaturisés implantés en profondeur. Le projet se concentrera sur trois axes principaux : étudier les ondes électromagnétiques dans les milieux anatomiques complexes du corps humain, concevoir de nouveaux dispositifs électromagnétiques reconfigurables pour mettre en œuvre les techniques de contrôle d'ondes et démontrer l'efficacité clinique de ces technologies en enregistrant et modulant l'activité nerveuse du pancréas.
Grâce à une approche interdisciplinaire combinant bioélectronique, physique des ondes, et ingénierie des systèmes rayonnants, BESSEL pourrait ouvrir la voie à des dispositifs bioélectroniques sans fil de pointe, avec un fort potentiel pour des applications médicales futures.
Nicolas Keriven : apprendre sur les graphes
En sciences des données, les graphes apparaissent dans de nombreux domaines d’applications, pour modéliser tous types d’interactions entre objets ou entités. Ils peuvent ainsi représenter aussi bien des molécules que des réseaux sociaux, physiques ou informatiques. L’apprentissage statistique sur graphes est une discipline relativement récente cherchant à appliquer aux graphes les progrès spectaculaires de ces dernières années pour les technologies liées à l’intelligence artificielle et notamment « l’apprentissage profond ». Cette technologie est basée sur des réseaux de neurones artificiels qui nécessitent un grand nombre de données pour pouvoir être entrainés. De nombreuses zones d’ombre persistent dans ces domaines technologiques, notamment du point de vue théorique : sur les graphes, certaines hypothèses fondamentales de l’apprentissage classique, telle que l’indépendance des échantillons, ne sont plus valides. Le projet MALAGA, dirigé par Nicolas Keriven, chercheur du CNRS à l’IRISA
Nicolas Keriven a réalisé sa thèse (2014-2017) à l’Université de Rennes sous la supervision de Rémi Gribonval, alors chercheur Inria à l’IRISA, où il travaillait sur la compression des données en apprentissage. Il réalise ensuite un post-doctorat à l’ENS Paris, où il travaillait avec Gabriel Peyré, chercheur du CNRS au Département de mathématiques et applications de l'ENS