Mission CHARM : explorer les secrets du climat passé

Résultat scientifique Terre et Univers

Une équipe de scientifiques se lancera le 4 mai prochain dans une aventure de recherche à bord du Marion Dufresne, lors de la campagne CHARM de la Flotte Océanographique Française, pour retracer la variabilité climatique naturelle au cours des derniers 10 000 à 20 000 ans. Partons à la découverte de leur mission et de ses enjeux avec sa coordinatrice, Meryem Mojtahid, paléoclimatologue et professeure à l’Université d’Angers, au sein du Laboratoire de planétologie et géosciences (LPG).

Quel est l’objectif de la mission ?
M.-M. : L’objectif de la mission est de reconstituer la variabilité climatique naturelle dans l’Hémisphère Sud avec une grande précision temporelle (décennale à pluridécennale) au cours de la dernière période interglaciaire, appelée Holocène (depuis environ 11 700 ans), voire au-delà.

La première partie de cette mission (CHARM-1) se déroulera du 4 au 21 mai au Mozambique, puis la deuxième partie (CHARM-2) se déroulera en Afrique du Sud du 28 Mai au 13 Juin. Une troisième partie est également prévue au large du Brésil dans les années à venir.

Quels sont les enjeux de ces recherches ?
M.-M. : Pour mieux contraindre les projections climatiques et leurs conséquences sur le fonctionnement physico-chimique et biologique de l’océan, nous avons besoin d’enregistrements continus du climat sur une échelle de temps qui se rapproche le plus possible de celle de l’humain. La période depuis la dernière déglaciation est particulièrement intéressante car les archives sédimentaires y sont bien préservées.

Mais à l’heure actuelle, nous ne disposons que de peu de données dans l’hémisphère Sud, contrairement à l’hémisphère Nord : non seulement les pays y sont plus riches, et ont donc pu y consacrer davantage de moyens, mais aussi les archives sédimentaires à fort taux de sédimentation (proche des grands fleuves) sont plus accessibles dans cet hémisphère qui est plutôt continental.

Or le climat ne s’exprime pas de manière identique selon les régions en raison, entre autres, des modes de variabilité interne au climat issus de l’interaction entre l’océan et l’atmosphère et les téléconnexions entre les bassins océaniques dans lesquels ces modes s’expriment. De plus, la variabilité de l’Océan indien est assez peu connue, bien que les pays riverains soient très impactés.

Il est donc important de pouvoir compléter une cartographie globale du climat passé de l’Holocène avec des données de l’hémisphère sud, ce qui motive notre mission océanographique au Mozambique et en Afrique du Sud. 

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Communication Bretagne et Pays de la Loire