MT180 – Finale nationale 2021 : Élyne Dugény au chevet des huîtres

Evènement Ecologie et environnement

Si l’édition 2020 de Ma thèse en 180 secondes (MT180) n’a pas pu aboutir, la finale 2021 aura bien lieu le 10 juin à Paris. Parmi les seize candidats sélectionnés figurent deux bretons, dont Élyne Dugény, doctorante au Laboratoire des sciences de l’environnement marin (LEMAR, Université de Bretagne occidentale/CNRS/IRD/Ifremer). Sa prestation remarquée lui a permis de présenter ses travaux sur les maladies des huîtres.

  • Quel est le sujet de votre thèse ?

J’étudie comment les êtres vivants influencent le risque de maladie dans l’écosystème marin, avec l’huître comme modèle d’étude. Les huîtres sont en effet de plus en plus fréquemment malades. Si certaines causes liées aux facteurs physiques sont déjà bien identifiées, comme les variations de température ou de salinité de l’eau, j’explore les paramètres biologiques, car on connaît encore peu les effets des interactions entre les espèces vivantes sur leur état de santé et leur sensibilité aux maladies.

  • Pourquoi s’intéresser aux maladies des huîtres ?

Si ces pathologies ne sont pas transmissibles à l’homme, elles affectent les ostréiculteurs en provoquant parfois d’énormes pertes de rendement. Au-delà de cela, la santé des huîtres est un paramètre crucial dans leur environnement. Du fait de leur mode de vie fixé et en filtrant l’eau, elles nous renseignent sur l’état des écosystèmes marins côtiers, en assimilant les changements qui y opèrent. L’huître, en plus de jouer le rôle de sentinelle de l’écosystème, est aussi une véritable espèce ingénieure qui, en constituant des récifs naturels, façonne l’habitat de nombreuses autres espèces.

  • Comment se passe votre journée type de doctorante ?

En ce qui me concerne, je parlerais plutôt de périodes types. Je dois dans un premier temps préparer mes expériences, avant de les exécuter en milieu contrôlé ou sur le terrain. En salle expérimentale, je dois alors rester presque constamment sur place pour m’assurer du bon déroulement de la manip. J’analyse ensuite les prélèvements effectués.
Vient alors le traitement des résultats, puis leur valorisation dans des articles scientifiques. En parallèle, j’ai donné 120 heures d’enseignement à l’Université de Bretagne Occidentale. Enfin, comme je dois bientôt rendre mon manuscrit, je passe en ce moment la majeure partie de mon temps à rédiger ma thèse.

  • Qu’avez-vous prévu, pour l’après-thèse ?

Mon plan A est de devenir enseignante-chercheure pour concilier les deux activités, avec l’obtention d’un poste de maître de conférences. J’adore enseigner et je trouve qu’il est important de contribuer à la formation de futurs scientifiques. Je pense que cela permet de rester en phase avec la réalité des choses et aide à garder les pieds sur terre. Je crains qu’en me limitant à la recherche, je me coupe du monde pour me perdre dans mon univers d’écologue marin.

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter vers la recherche ?

Je me suis naturellement tournée vers cette voie. D’une part, j’ai toujours été fascinée par le vivant et curieuse de comprendre le monde dans lequel nous vivons. D’autre part, j’aime beaucoup transmettre mes passions, dont les sciences. Pour moi, la recherche doit contribuer à faire avancer la société et procurer une meilleure connaissance de l’environnement, pour aboutir à un avenir durable. J’ai donc choisi la recherche par conviction.

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous inscrire à MT180 ?

En recherche publique, nous sommes financés par de l’argent public, informer les citoyens de nos découvertes est donc un juste retour des choses. D’autre part, le doute et la méfiance s’installent parfois envers la recherche, MT180 est donc un excellent format de vulgarisation scientifique qui permet de renouer le dialogue et de donner des clefs de compréhension pour agir en faveur la société. Il est primordial de partager la science avec les citoyens.
J’ai aussi adoré faire du théâtre au cours de ma scolarité, ce concours est donc en plus un moyen de retrouver la scène tout en véhiculant un message. Il me permet aussi de rencontrer plein d’autres doctorants et est une excellente façon de diffuser et de pérenniser mon travail.

  • Avez-vous participé à d’autres actions de médiation scientifique ?

J’ai participé à plusieurs fêtes de la science et à la Nuit européenne des chercheurs, et je suis impliquée dans différents projets éducatifs et pour la protection du milieu marin. Je suis également intervenue dans le projet Adopt a float, où des classes suivent une balise scientifique à la dérive et, enfin, j’ai tourné des vidéos avec l’IFREMER sur mon sujet d’étude. La vulgarisation et la médiation ont pris beaucoup de place dans ma thèse, mais je considère que c’est important !

  • Quels sont vos liens avec la Bretagne ?

J’ai avant tout choisi le sujet de thèse qui m’intéressait, je serais allée dans n’importe quelle région pour pouvoir le faire. Mais étant à moitié bretonne, je suis très contente d’être à Brest, qui est une super ville pour vivre et étudier !

 

Contact

Élyne Dugény
Doctorante au Laboratoire des sciences de l’environnement marin (LEMAR, Université de Bretagne occidentale/CNRS/IRD/Ifremer)