Myélome : des clés pour anticiper la réponse aux traitements

Résultat scientifique Biologie

Pourquoi les patients atteints de myélome multiple répondent-ils différemment aux traitements actuels ? Dans une étude publiée dans Nature Medicine, l’analyse du génome, de l’activité des gènes et de leurs marques épigénétiques chez 423 patients révèle des profils moléculaires associés à la persistance de cellules cancéreuses après traitement. Leur combinaison dans un modèle prédictif ouvre des pistes pour mieux anticiper la réponse et, à terme, personnaliser la prise en charge. Cette étude implique des scientifiques du Centre de recherche en cancérologie et immunologie intégrée Nantes–Angers - CRCI2NA (CNRS/Inserm/ Nantes Université/Université d’Angers).

En résumé

  • L’analyse du génome, de l’activité des gènes et de leurs marques épigénétiques chez 423 patients atteints de myélome multiple révèle plusieurs profils moléculaires associés à des réponses différentes au traitement, notamment à la persistance de cellules cancéreuses après celui-ci.
  • En combinant ces trois types de données, les scientifiques ont développé un modèle prédictif capable d’anticiper la présence ou l’absence de maladie résiduelle avec 71 % de cas correctement classés dans un groupe de 120 patients.
  • Cette approche intégrée pourrait contribuer à mieux anticiper la réponse aux traitements et à personnaliser la prise en charge du myélome multiple. Le modèle doit toutefois être validé dans d’autres cohortes avant d’envisager son utilisation clinique.

Explorer la diversité des tumeurs dès le diagnostic

Le myélome multiple est un cancer des plasmocytes, des cellules de la moelle osseuse qui produisent normalement des anticorps. Les traitements initiaux associant quatre médicaments ont considérablement amélioré la prise en charge, mais leur efficacité varie d’un patient à l’autre. Comprendre les caractéristiques des tumeurs qui répondent le mieux constitue un enjeu pour adapter les stratégies thérapeutiques dès le diagnostic.

Afin d’explorer cette diversité, les scientifiques ont étudié les cellules tumorales prélevées au diagnostic chez 423 patients évalués pour l’essai clinique français MIDAS, porté par l’Intergroupe Francophone du Myélome. Parmi eux, 394 ont été inclus dans l’essai et ont reçu le même traitement initial : isatuximab, carfilzomib, lénalidomide et dexaméthasone.

Trois dimensions complémentaires ont été analysées : les altérations de l’ADN, l’activité des gènes et la méthylation de l’ADN, une marque chimique qui participe à la régulation du génome sans en modifier la séquence.

La réponse au traitement a été évaluée en recherchant la maladie résiduelle, c’est-à-dire les cellules cancéreuses encore détectables après traitement. Au seuil d’une cellule tumorale parmi un million de cellules, aucune maladie résiduelle n’était détectée pour près de 45 % des 368 patients disposant de cette mesure après le traitement initial. Cette absence de détection renseigne sur la profondeur de la réponse, cependant elle ne signifie pas nécessairement une guérison.

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