Nantes : un nouveau projet de recherche européen sur les mondes océaniques extra-terrestres

Communiqué de presse International Terre et Univers

•    Le Conseil européen de la recherche est un organe de l'Union européenne chargé de coordonner les efforts de la recherche entre les États membres de l'UE.

•    Le Conseil européen de la recherche est également la première agence de financement pan-européenne pour une « recherche à la frontière de la connaissance », notamment via l’attribution de bourses de recherche d’excellence.

•    L’une de ces bourses, dites « consolidator », soutient des projets de recherche exploratoire sur une durée maximale de 5 ans et avec un budget jusqu’à 2 millions d'euros. Elle s’adresse à des scientifiques ayant obtenu leur doctorat il y a 7 à 12 ans.

Le Conseil européen de la recherche (ERC) a annoncé en décembre 2025 les résultats de l'appel « ERC Consolidator Grant 2025 » qui financera cette année 349 chercheuses et chercheurs confirmés et reconnus dans leur domaine, tant au niveau national qu’international, pour un montant total de 728 millions d'euros tirés du programme cadre Horizon Europe. Anna Pakhomova est lauréate de l’une de ces bourses. Elle rejoindra le Laboratoire de planétologie et géosciences, au sein de l’Observatoire des sciences de l’Univers Nantes Atlantique1 , à partir de septembre 2026, et pour étudier les « mondes océans », ces corps planétaires constitués essentiellement de glaces et qui pourraient nous renseigner sur l’émergence de la vie sur Terre. 

  • 1LPG, CNRS/Nantes Université/Université Angers/Le Mans Université. OSUNA (CNRS/Nantes Université/Université d’Angers/Université Gustave Eiffel/CNAM/IMT Atlantique)

Anna Pakhomova est physicienne des minéraux et cristallographe, spécialisée en géosciences expérimentales et en planétologie. Ses recherches utilisent la diffraction des rayons X à haute pression pour déterminer le devenir des minéraux à l'intérieur des corps planétaires. Elle a obtenu son doctorat en sciences de la Terre à l'Université de Saint-Pétersbourg en 2013. Après un postdoctorat au Bayerisches Geoinstitut et un poste de chercheuse sur la ligne de lumière du synchrotron PETRA III en Allemagne, elle a rejoint l’European Synchrotron Radiation Facility en tant que chercheuse en 2021. En 2022, elle a obtenu son habilitation à diriger des recherches en sciences naturelles à l'Université de Bayreuth. Actuellement, Anna, et ses collègues présents au LPG, étudient les cycles profonds des composés volatils dans la Terre et sur les grandes lunes glacées de Jupiter et de Saturne.

L'eau liquide est un élément essentiel à l'émergence de la vie, ce qui explique le vif intérêt porté aux mondes océans extraterrestres. Ces grandes lunes glacées, telles que Europe, Titan, Ganymède ou Callisto et contenant de vastes océans sous leur surface, possèdent en effet des hydrosphères beaucoup plus épaisses que sur Terre. Nous savons que divers composés organiques volatils sont présents dans les océans extraterrestres, composés qui pourraient servir de précurseurs biologiques. Les informations concernant leur évolution chimique dans des conditions de haute pression en milieu hydraté sont quasi inexistantes. Or ce sont des données essentielles pour comprendre les conditions qui ont permis l’émergence de la vie sur Terre.

Le projet OCEAN, dirigé par Anna Pakhomova, comblera cette lacune en appliquant des techniques avancées pour étudier l'évolution des composés organiques volatils au sein des mondes océans. Des mélanges gelés, contenant des composés organiques de différentes compositions et soumis à des pressions variables, seront analysés pour construire une base de données de spectres infrarouges. Cette base de données constituera une référence cruciale pour l'interprétation des futures données de composition issues des missions spatiales (dont Juice et Europa Clipper), et pour l'évaluation du potentiel astrobiologique des grandes lunes glacées du système solaire externe.

Anna Pakhomova

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Communication Bretagne et Pays de la Loire