Elissa El RassyEnseignante-chercheuse en thermique énergétique
Ambassadrice la Science taille XX elles, édition Pays de la Loire
Elissa El Rassy est enseignante-chercheuse en thermique et énergétique à Nantes Université, au Laboratoire de thermique et énergie de Nantes (LTEN)1
. Elle développe des solutions capables de convertir l’électricité renouvelable intermittente en chaleur et de la stocker à travers des matériaux innovants.
Poussée par sa famille, Elissa El Rassy a d’abord choisi la médecine, au Liban. « J’adorais les maths, la chimie et la physique mais pas du tout la biologie ! » regretterait-elle presque. Elle se réoriente en science de l’ingénieur puis enchaîne avec un master en génie chimique… spécialité pétrochimie. Mais très vite, elle s’interroge : « comment remplacer le pétrole ? ».
Arrivée en France en 2016, elle poursuit une thèse à l’École nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique (ENSMA) de Poitiers sur la modélisation et la caractérisation thermophysique de matériaux complexes pour l’aéronautique. Elle se tourne ensuite vers la thermique énergétique, domaine qu’elle juge plus concret et surtout plus en prise avec l’urgence climatique. Elle se consacre alors à des questions telles que : comment la chaleur peut être produite, transmise et stockée, en s'appuyant sur son expertise antérieure dans le domaine des matériaux complexes.
Depuis 2020, au département Métiers de la transition et de l'efficacité énergétiques (MT2E) de l’IUT de Nantes, elle enseigne les fondamentaux, de la thermodynamique à l’instrumentation. En parallèle, elle mène des projets de recherche sur le stockage thermique de l’électricité intermittente au LTEN à Polytech Nantes. Elle s’appuie notamment sur certains matériaux capables de stocker et de restituer de grandes quantités d’énergie thermique lors d’un changement d’état réversible, par exemple de l’état solide à l’état liquide. Les matériaux composites sont conçus à partir de sous-produits industriels2
pour améliorer les performances de ces processus. Ils agissent comme des « réservoirs » thermiques ; ils offrent également des perspectives de valorisation des déchets industriels. « Enfin, je vois directement l’intérêt de mes travaux » se réjouit-elle. Elissa El Rassy participe aujourd’hui à plusieurs projets nationaux visant à développer des « batteries thermiques » à grande échelle pour les réseaux énergétiques.
La recherche, insiste-t-elle, offre un équilibre rare, particulièrement précieux pour les femmes : la liberté de choisir ses sujets, son rythme, et de concilier vie professionnelle et personnelle. Elle s’investit aussi fortement dans l’accompagnement des étudiantes. « Nous avons besoin d’elles pour l’industrie du futur, elles qui peuvent avoir des visions et des approches différentes et qui enrichissent la science. Contribuer à décarboner l’industrie, c’est aussi contribuer à un monde plus juste, plus durable et plus inclusif ».