Mariem Ben SaadaEnseignante-chercheuse en fonderie
Ambassadrice la Science taille XX elles, édition Pays de la Loire
Mariem Ben Saada est enseignante-chercheuse en fonderie à l'École nationale supérieure d'arts et métiers - Campus d’Angers (ENSAM) au Laboratoire angevin de mécanique, procédés et innovation (LAMPA). Elle cherche à approfondir la compréhension des matériaux et leur comportement en modélisant et en optimisant les procédés de fabrication de pièces industrielles.
Mariem Ben Saada aime comparer la fonderie à la chocolaterie. Pour elle, on y retrouve les mêmes étapes-clé : faire fondre la matière, la verser dans un moule, la laisser refroidir. A une précision près : « La fonderie permet de fabriquer des pièces métalliques aux formes complexes, ensuite utilisées dans des secteurs aussi variés que l’automobile, l’aéronautique, la construction ou encore l’industrie mécanique. »
Après un bac en sciences expérimentales puis un cycle préparatoire en physique-chimie, Mariem Ben Saada intègre l’Ecole nationale d’ingénieurs de Sfax, en Tunisie, où elle se spécialise en génie des matériaux. « Déjà toute petite, je voulais être enseignante ! Et puis, tout au long de mon parcours, je me suis passionnée pour l’étude des matériaux et leur comportement.» Elle poursuit par un doctorat en science des matériaux de l’Université de Lorraine où elle avoue s’être « vraiment amusée » durant sa thèse. C’est en 2018 qu’elle rejoint le domaine de la fonderie, à l’ENSAM d’Aix-en-Provence. « Un domaine comme un autre, à la seule différence que l’on manipule de la matière à haute température » sourit-elle.
En 2021, elle rejoint le campus d’Angers et le LAMPA où elle travaille depuis à la digitalisation des procédés de fabrication ainsi qu’au développement de leurs jumeaux numériques1 pour superviser et contrôler le fonctionnement des procédés en temps réel. Mariem Ben Saada s’intéresse également à la valorisation des co-produits de fabrication afin de rendre les procédés industriels plus durables. « L’objectif est de transformer certains de ces co-produits, comme les copeaux métalliques, en ressources utiles afin de produire de nouvelles pièces tout en conservant des propriétés mécaniques comparables aux alliages d’origine.»
Attachée au partage et à la transmission, l’enseignante-chercheuse souhaite ouvrir le champ des possibles aux disciplines technologiques dès le plus jeune âge. « Nous sommes toutes capables d’investir ces filières. Il est essentiel d’oser et de ne pas se limiter à cause des stéréotypes de genre qui y persistent encore. Pouvoir être un modèle et encourager les jeunes filles à s’y projeter est une source de motivation quotidienne et souligne l’importance de promouvoir la diversité et l’égalité dans les sciences et les technologies.»
- 1Un jumeau numérique est un modèle virtuel d'un objet physique.