Solune Denis, Marianne Curely et Yuetong FangMathématiciennes
Ambassadrices la Science taille XX elles, édition Pays de la Loire
Marianne Curely, Solune Denis et Yuetong Fang sont doctorantes de l’Université d’Angers au sein du Laboratoire angevin de recherche mathématiques
Au croisement des mathématiques et de la mécanique quantique
Solune Denis, elle, étudie la théorie des valeurs extrêmes. Elle cherche notamment à modéliser des événements rares comme les crues exceptionnelles, les vagues de chaleur, ou les crashs financiers. « Je m’intéresse à l’estimation de quantités situées tout au bout des distributions de probabilités, là où les données sont peu nombreuses mais les enjeux et les risques majeurs », particulièrement en assurance. Son parcours est lié au hasard. Attirée par de nombreuses disciplines au lycée à la Réunion, où elle a grandi, passée par une classe préparatoire qui ne lui correspondait pas, elle a longtemps hésité. Elle envisage un temps le journalisme, avant de découvrir en licence que faire des mathématiques, et seulement des mathématiques, c’est cela qui lui convient. Cette trajectoire faite de bifurcations nourrit aujourd’hui un message qu’elle tient à transmettre : « il n’est pas grave de ne pas savoir tout de suite ce que l’on veut faire, ni de se tromper ».
Yuetong Fang travaille en géométrie complexe, une branche des mathématiques qui étudie les variétés complexes, des espaces abstraits dont la sphère est un exemple simple et intuitif. Ses recherches s’appuient sur des équations comme les équations de Monge - Ampère ou les équations hessiennes complexes. « J'analyse les solutions de ces équations pour mieux comprendre ces espaces complexes. J’essaie par exemple de comprendre leur forme et leur courbure, même si on ne peut pas les visualiser directement ». Formée d’abord en Chine, puis arrivée en France pour son master et sa thèse, elle a dû composer avec la barrière de la langue et un environnement où les femmes restaient très minoritaires. Son expérience lui a appris l’importance d’oser : aller parler à un enseignant, poser une question, demander un stage peut suffire à infléchir une trajectoire.
« Quand nous sommes ensemble, nous parlons relativement peu de maths, par rapport à d’autres sujets » s’amuse Yuetong Fang. « Mais c’est rassurant d’être toutes les trois, de se soutenir mutuellement » ajoute Solune Denis. « Et nous partageons une même conviction : les sciences se construisent aussi par le collectif, la transmission et la diversité des parcours » insiste Marianne Curely.