Vincent Lostanlen
L’écoute artificielle est au cœur de ses travaux. Vincent Lostanlen, chargé de recherche CNRS au Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N - CNRS/École centrale de Nantes/Nantes Université), fait appel aux sciences informatiques, aux sciences humaines et à l’écologie pour développer des capteurs sonores environnementaux et servir la création artistique. À rebours de l’apprentissage machine le plus courant, dit « supervisé », Vincent Lostanlen a créé un système basé sur l’apprentissage dit « autodidacte », plus proche de la manière dont nous appréhendons les sons pour reconnaître de manière relative les changements de tonalité dans la musique. Il a également développé, dans un souci d’écoresponsabilité, le premier capteur audionumérique communicant fonctionnant sans batterie, destiné notamment à l’étude du chant des oiseaux en milieu naturel. Sur le plan institutionnel, il a cofondé le réseau technologique « capteurs en environnement » (RTCE) de la MITI et est membre du comité de direction du GDR IASIS.
Vincent Lostanlen, L’écoute artificielle au service de la musique et du vivant
« Le maître mot de ma recherche n’a pas varié depuis mon recrutement au CNRS : il s’agit de l’écoute artificielle », résume Vincent Lostanlen, chargé de recherche CNRS au Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N - CNRS/École centrale de Nantes/Nantes Université). Récompensé par la médaille de bronze du CNRS pour ses travaux sur le traitement du signal acoustique, l'écoute artificielle, l'analyse de signaux musicaux et bioacoustique, ainsi que pour ses contributions fondamentales à l'interface entre traitement du signal et apprentissage, Vincent Lostanlen privilégie deux applications : la création artistique et l’écologie instrumentée par des capteurs environnementaux.
Vincent Lostanlen a ainsi travaillé sur la reconnaissance de tonalité dans la musique. Partant du principe que même des personnes sans connaissances en théorie musicale peuvent percevoir un changement de tonalité, il s’est éloigné des approches classiques fondées sur l’apprentissage supervisé et sur de grandes bases de données annotées. Vincent Lostanlen préfère l’apprentissage autodidacte, qui parvient à identifier des changements relatifs de tonalité, comme le ferait un individu qui n’a pas l’oreille absolue.
Vincent Lostanlen a également développé, dans une démarche d’écoresponsabilité, le premier capteur audionumérique communicant fonctionnant sans batterie, celle-ci étant remplacée par un supercondensateur. Ce dispositif présente une durabilité accrue, ce qui est crucial pour, par exemple, des capteurs écoutant les chants d’oiseaux dans leur milieu naturel.
Vincent Lostanlen a étudié à Télécom Paris, puis a passé un master 2 à Sorbonne Université. Il a obtenu son doctorat en 2017 à l’ENS sous la direction de Stéphane Mallat. Il a ensuite rejoint le Laboratoire d’ornithologie de l’Université Cornell (États-Unis) et a été chercheur invité à l’université de New York (NYU, États-Unis). Il revient en France en 2020 et est recruté au LS2N. Il a depuis cofondé le réseau technologique « capteurs en environnement » (RTCE) de la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS (MITI) et est chargé de mission « enjeux environnementaux » auprès du Groupe de recherche (GDR) Information, apprentissage, signal, image et vision (IASIS).