© Vincent Moncorgé – CNRS / Femmes & Sciences

Soizic TerrienAcousticienne

Ambassadrice la Science taille XX elles, édition Pays de la Loire

Soizic Terrien est acousticienne au Laboratoire d’acoustique de l’Université du Mans1 . Elle s’intéresse aux systèmes complexes qui produisent des sons par friction, comme les instruments à cordes ou à vent, et cherche à comprendre et prévoir leurs vibrations grâce à des expériences et des modèles mathématiques.

Soizic Terrien a grandi et suivi toute sa scolarité à Cholet, en Maine-et-Loire. Elle se passionne alors autant pour les sciences que pour la musique, qu’elle pratique assidûment à travers la flûte et le violon. Après un bac scientifique, elle s’oriente vers une licence de physique à l’université de Nantes. C’est là qu’elle découvre l’acoustique, la science du son, et surtout une manière évidente de faire dialoguer ses deux centres d’intérêt. À la fin de sa thèse, menée au Laboratoire de mécanique et d’acoustique de Marseille2 , Soizic Terrien part quatre ans en Nouvelle-Zélande avant de rentrer en France en 2018. Elle rejoint, en 2021, le Laboratoire d’acoustique de l’Université du Mans, où elle poursuit aujourd’hui ses travaux à l’interface entre mathématiques appliquées et acoustique.

Ses recherches portent sur des phénomènes dits auto-oscillants, omniprésents dans la nature et dans le corps humain. Le crissement d’un système de freinage, un doigt mouillé sur un verre ou encore la production de la voix humaine relèvent de ces mécanismes. « Je cherche à comprendre pourquoi ces phénomènes, soumis à une source d’énergie continue, produisent des sons si variés, et pourquoi de très faibles changements de paramètres peuvent entraîner de grandes différences sonores ». Pour cela, elle modélise ces phénomènes à l’aide d’équations mathématiques « afin de déterminer quels sont les ingrédients minimaux pour produire un son. » Pour un violon, l’ingrédient essentiel est le frottement : l’archet adhère à la corde, puis glisse, générant des variations brutales à l’origine du son. Soizic Terrien combine ainsi outils mathématiques, simulations numériques et expérimentations afin de cartographier les régimes sonores possibles. Les méthodes qu’elle développe pourraient, à terme, ouvrir de nouveaux champs d’application, notamment pour mieux comprendre des systèmes complexes présentant des transitions ou des basculements de régime, comme en climatologie.

Attachée à la transmission, elle veut aussi rendre visibles les scientifiques derrière les équations : « Je souhaite donner l’exemple d’une femme scientifique qui ne vient ni d’une grande ville ni d’une famille de scientifiques ou d’un milieu où faire de longues études est la norme. » Elle défend un métier qu’elle juge profondément émancipateur : « Le métier de chercheuse peut être une source de grande liberté, d’ouverture et d’épanouissement sur les plans intellectuel, humain, professionnel et personnel ».

  • 1CNRS / Le Mans Université
  • 2CNRS/Aix-Marseille Université/Centrale méditerranée

En savoir plus

Sur les travaux de Soizic Terrien, avec cet article de Focus Sciences, un blog du CNRS le Journal : Du violon à l’équation, la friction passée au crible
Et cet entretien complémentaire : Soizic Terrien : la dynamique des instruments de musique